Créer un blog Présentation

Nom du blog :
fedser
Description du blog :
méditations sur les idées reçues en matière environnementales, recherche de la vérité sur le CO2
Catégorie :
Blog Economie
Date de création :
21.11.2007
Dernière mise à jour :
18.07.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or fedser
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Une triste et longue histoire : Les nouveaux carburants.
· Une idée pas si lumineuse !
· pour un cambronne de l'environnement
· Appel à toutes les nations. CO2 ! CH4 ! CFC urgence !
· article trouvé sur pseudo_sciences/ sans modification
· chine, thibet, capitalisme, pétrole et mondialisation !

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

ethanol et ta soeur
11.07.2008
ethanol et ta soeur
11.07.2008
on a été naïfs
12.12.2007
RSS

Autres blogs à visiter :

· economiedroit
· commerceinternational
· adamdebst
· investirmaurice
· futanu
· bdlist
· cashfacile
· enpec
· avamo
· robien45

chine, thibet, capitalisme, pétrole et mondialisation !

chine, thibet, capitalisme, pétrole et mondialisation !

Posté le 21.04.2008 par fedser
On me prie de bien vouloir insérer ce large extrait qui va dans le sens de nos idées ;
La Chine, demain une démocratie!
Avril 7, 2008 by appeldu18janvier2008
La Chine deviendra vraisemblablement une démocratie dans les années 2030 de par l’émergence d’une société civile de plus en plus conscientisée grâce d’une part à l’élévation de son niveau de vie, conséquence de la prospérité, et d’autre part aux nouvelles technologies qui permettent de plus en plus aux Chinois de se tenir au courant des abus et de se mobiliser pour faire pression sur le régime.



La Chine incarne à merveille les grands bouleversements qui affectent la grande aventure humaine, le XXIème siècle sera bel et bien celui de Chindia (Chine et Inde). Ce phénomène résulte d’une conjonction d’ingrédients réunis pour la première fois : les capitaux, la technologie, une main d’œuvre non qualifiée abondante, docile et très bon marché ainsi que la clef de voûte, l’accès aux marchés de pays développés. Il en résulte une formidable capacité à exporter, cette fameuse usine du monde qui abat ses concurrentes occidentales les une après les autres. Les gigantesques excédents commerciaux qu’engrange la Chine changent toute la donne géopolitique mondiale : le pivot du système financier mondial est en train de changer d’hémisphère !



Ce miracle économique a une incidence directe sur le niveau de vie des Chinois : une importante classe moyenne de 300 millions de personnes émerge et ne cesse de s’élargir, elle prend peu à peu conscience de ses droits !



Il faut bien comprendre l’ampleur du chemin parcouru vers la démocratie depuis l’ouverture du régime au monde et à l’économie de marché orchestrée par Deng Xiaoping à la fin des années 1970, après onze siècles d’enfermement. Tout s’accélère depuis les évènements de Tiananmen. Au niveau des communes, les représentants de l’autorité ne sont plus nommés depuis Pékin, ils sont choisis suite à des élections, certes cloisonnées à l’intérieur du Parti, mais qui donnent lieu malgré tout à une compétition très rude entre les prétendants qui en viennent à adopter des postures démagogiques, chacun promettant de mieux contribuer que les autres aux grands objectifs fixés par la doctrine officielle, à savoir une croissance plus harmonieuse et mieux partagée avec les campagnes enclavées, la lutte contre la corruption et la préservation de l’environnement.



Force des images, impact des moyens de communication. Lorsque l’opinion publique se mobilise en s’envoyant des dizaines de millions de textos suite à une vaste pollution, elle parvient à faire ployer le gouvernement, l’obligeant à agir : on est bien là en présence des prémisses de la démocratie, car le pouvoir fait ce que demande le peuple, celui-là est ainsi presque souverain.



Dans notre discussion sur l’omnipotence supposée du pouvoir central, il faut rappeler que Mao disait déjà qu’il ne contrôlait pas la banlieue de Pékin. En effet la Chine est un territoire immense et les autorités ont un mal fou à se faire entendre des pouvoirs locaux qui n’en font qu’à leur tête, d’où la nomination récente de super-ministres censés donner une meilleure lisibilité à l’action du gouvernement dans les provinces. Jusqu’à maintenant cette action se brouillait dans une cacophonie mettant aux prises des organes aux compétences transversales d’où émanaient souvent des directives contradictoires.



L’économie de marché est génératrice d’inégalités mais n’en est pas moins cruellement efficace. Elle a permis de sortir plus de 300 millions de Chinois de la pauvreté, si bien que les entreprises doivent maintenant s’enfoncer de plus en plus profondément vers l’ouest de la Chine pour trouver de la main d’œuvre bon marché, ce qui nécessite des investissements productifs très lourds. Car la conséquence de cette folle croissance de la Chine sur l’émergence de la démocratie c’est en fin de compte que la nouvelle génération de mingongs (les migrants chinois) a tout à fait conscience qu’elle a des droits à faire valoir là où la précédente ne voulait qu’un salaire ! Les employeurs, s’ils veulent trouver des travailleurs, sont donc peu à peu contraints de mettre en place des contrats à durée indéterminée et de verser des cotisations sociales : un véritable droit du travail protégeant les employés est en train de s’affirmer, voilà un exemple concret illustrant comment la prospérité économique conduit peu à peu à un meilleur respect des individus, préalable à l’établissement de la démocratie. L’inflation du nombre d’avocats et de personnels juridiques est un autre indice qui ne trompe pas. C’est le même scénario que celui connu en France à la fin du XIXème siècle en pleine révolution industrielle. Laissons le temps à la Chine, elle ne peut pas faire en trente ans ce que nous avons fait en deux cent vingt ans.



Certes la paix des cimetières qui caractérise la politique de Pékin au Tibet est inadmissible, nous devons la condamner, surtout à l’approche des JO qui lui ont été confiés en 2001 sous réserve que les droits de l’homme soient mieux respectés. Mais soyons conscients que la mondialisation des images, l’hypermédiatisation confère une caisse de résonnance incroyable à toutes les persécutions, et ici aux évènements du Tibet, qui ont laissé sur le carreau deux cent morts –ce qui est bien sûr trop- là on la Chine de Mao tuait plus d’un million de personnes lors de l’invasion du Tibet dans les années 1950. Toute personne rationnelle ne pourra que convenir qu’on a changé d’ordre de grandeur, et qu’il s’agit là d’un progrès, certes insuffisant.

La Chine est très attentive à son image, et la légitimité du régime aux yeux du peuple dépend en grande partie de sa crédibilité sur la scène internationale. Avec un tel couteau médiatique sous la gorge de Pékin, Hu Jintao se retrouve dans une position très inconfortable. La Chine sait qu’elle ne peut plus réprimer comme bon lui semble toutes les aspirations au changement dans les provinces lointaines. Elle est consciente de la très mauvaise publicité qu’ont été les évènements de 1989 pour le régime.



Le rôle des internautes, même si les autorités entendent verrouiller la toile, est primordial : ils parviennent malgré tout à se mobiliser pour défendre certaines causes au coup par coup, relayant même en temps réel certaines photos des troubles. Ainsi en mars 2003, la mort de Sun Zhigang, jeune designer, tabassé à mort par la police dans un centre de détention de Canton avait suscité l’ire des bloggeurs sur le net et déclenché une vive polémique si bien que les autorités avaient cédé devant ce vent de protestation en décrétant l’abolition de ce type de centre !



Le régime communiste ne tient que parce que sa conduite des affaires est suffisamment efficace pour fournir chaque année des millions d’emplois aux Chinois arrivant en ville. Le jour où ce ne sera plus le cas et où l’inflation deviendra insupportable, le régime s’effondrera de lui-même. Une simple promotion sur l’huile dans un Carrefour de Chongking déclenche une émeute et cause trois morts, une broutille au regard des dizaines de milliers de jacqueries, au sens propre, survenant chaque année dans les campagnes, grandes perdantes pour l’instant de ce national-capitalisme réservant ses miracles au pourtour côtier. La propriété est reconnue sauf pour le foncier qui reste du domaine de l’état : résultat, les paysans restent des quasi-serfs, rackettés par des fonctionnaires locaux corrompus à souhait !



Mais ce qui se dit globalement en Chine, c’est « tant que je gagne ma vie, ça va, mais le jour où on aura plus rien à manger, ils entendront parler de nous ! »…et des centaines millions d’individus en colère, cela s’entend, quelque soit les forces de police en face ! On l’aura compris, c’est l’économie la clef de voûte de ce communisme politique de façade. Alors certes, restons vigilants plus que jamais, mettons ce régime face à ses contradictions, dénonçons sa propagande puante et les images compassées qu’elle nous projette, mais faisons confiance à cette classe moyenne qui plus vite qu’on ne le croit redonnera sa souveraineté entière au peuple !



TJ



Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste!

Extrait : « …je voudrais vous parler d’une ouvrière chinoise, Xia, qui travaille volontairement 12 heures par jours, 7 jour sur 7 dans l’usine Jingyu dans des vapeurs de solvants cancérigènes. Une jeune femme, parmi tant d’autres, que rien ni personne ne protège : si elle s’évanouit deux fois dans la même journée, elle est licenciée ! Outre la pénibilité actuelle de son travail, Xia vivra beaucoup moins longtemps que nous ! Xia peint les jouets que nos chères têtes blondes ont eus à Noël ! Honte sur nous ! Mobilisons nous, pour qu’éclate au grand jour un débat salutaire sur la question, pour mettre la pression sur nos dirigeants pour qu’eux-mêmes la mettent sur le gouvernement chinois, à l’approche des Jeux Olympiques ! Les Chinois, eux-mêmes, commencent à se plaindre de leurs trop grands excédents commerciaux ! Et bien, s’ils veulent que leurs exportations croissent un peu moins vite, à nous, démocraties, de leur dire que cela peut déjà passer par le simple respect de la durée du travail hebdomadaire limite fixée par l’OIT, Organisation Internationale du Travail!… »

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste!

Tags: capitalisme, chine, démocratie, JO, mondialisation
Publié dans Non classé | Aucun commentaire »

Demain, quand tous les Humains sauront lire…
Avril 7, 2008 by appeldu18janvier2008
De tout temps la façon de consulter le savoir et de participer à son élaboration a conditionné la vitesse du progrès des sciences et des idées. L’Humanité, souvent sans en avoir conscience, de façon éparse, décérébrée et sans préméditation, n’a cessé de bâtir une intelligence collective de plus en plus complète, réactive et accessible, qui va bientôt pénétrer tous les aspects de nos vies.



L’invention inaugurale a été un concept : l’écriture. C’est une révolution ! Elle marque le passage de la Préhistoire à l’Histoire, et est apparue séparément à différents endroits (vers – 5000 en Chine, -3300 en Mésopotamie) d’abord comme moyen d’organiser l’économie (comme le calcul d’ailleurs), mais elle va surtout permettre de figer et transmettre les connaissances, premier d’une longue série d’artefacts servant à étendre la mémoire humaine.



Les révolutions suivantes ne seront que des variations dans les supports, toujours plus pratiques à transporter, ranger, stocker et permettant de toucher toujours plus de monde.



Le passage des tablettes d’argile gravées au papyrus représente un gain évident en termes d’encombrement. Mais cette matière fragile se déchire facilement et mieux vaut savoir ce que l’on veut écrire : l’erreur est un luxe. Autre inconvénient majeur, les papyrus s’enroulent et se conservent sous forme de rouleau, leur consultation est fastidieuse car elle monopolise les deux mains dont on a besoin pour tenir le rouleau tout en le déroulant progressivement. Conséquences immédiates : on ne peut pas prendre de notes ni consulter plusieurs textes en même temps. Le travail intellectuel n’en est donc pas rendu aisé et reste laborieux.



L’invention du livre à pages reliées vers le IVème siècle, concomitante à la généralisation du parchemin, est une nouvelle étape décisive franchie vers la diffusion du savoir. Le parchemin (pergamènè en grec, peau de Pergame, ville d’Asie Mineure) est tiré de la peau de mouton ou de chèvre, ce qui lui confère une grande solidité permettant d’une part de gratter pour effacer ses erreurs et de réécrire par-dessus, et d’autre part de relier les pages pour former des cahiers (codex en latin) que l’on appelle aujourd’hui livre. C’est un abus de langage car livre vient en fait du latin liber, sorte d’écorce tendre sur laquelle on gravait son texte, et a toujours désigné le support recevant l’écriture.



Petite parenthèse : l’étymologie du mot page est également très intéressante, elle vient de pagina, pièce de vigne en latin, pour la métaphore entre une page remplie de lignes d’écritures, et une pièce de vigne et ses rangées de ceps. C’est donc le vocabulaire originellement agricole d’un petit peuple du Latium qui est parvenu aujourd’hui à s’imposer à des centaines de millions de locuteurs dans le monde à travers le français, l’espagnol, l’italien, et toutes les autres langues latines sans oublier le droit, et même certaines sciences (les noms d’espèces animales et végétales sont en latin)!



Retour à l’invention du livre ! Le travail intellectuel en est alors grandement facilité : on peut laisser ouverts sans effort plusieurs livres à la fois tout en pouvant prendre des notes, gribouiller, écrire, réécrire. Cette innovation va faciliter en Europe la diffusion des grandes œuvres de l’Antiquité ainsi que le travail théologique autour des textes sacrés chrétiens, juifs et musulmans. Mais la lecture reste le fait d’une toute petite minorité instruite, les livres sont des objets de luxe, leur acquisition résulte de la copie privée, très onéreuse car demandant temps et adresse de la part des copistes.



L’étape suivante, c’est l’invention « européenne » de l’imprimerie au milieu du XVème siècle (bien que les Chinois aient été les premiers), qui permet de reproduire des écrits à un coût marginal très faible. Le nombre de lettrés augmentent considérablement, les connaissances de l’Humanité patiemment rassemblées et recopiées sont accessibles bien plus facilement.



Le Vatican voit là un moyen d’unifier l’Europe autour du latin et du christianisme, mais comme souvent c’est l’inverse qui se produit : l’imprimerie permet l’essor des langues vernaculaires sur la forme, du protestantisme et du rationalisme sur le fond.



Puis tout s’enchaîne très vite, on arrive au XXème siècle, naissance de deux grands médias de masse, le cinéma, et la radio qui offre pour la première fois la possibilité de faire partager les mêmes émotions au même moment au grand nombre : les négociations de Munich en 1938 sont ainsi largement suivies dans le monde.



On arrive ensuite à l’après guerre, génération du Baby Boom, celle de mes parents. A cette époque la télévision n’en est qu’à ses balbutiements. Elle est déjà cet objet fascinant que nous connaissons et qui commence à s’inviter dans les salons. Mais tout le monde n’en profite pas encore. Mon père oui à Paris, mais il faut demander la permission au maître de maison pour l’allumer, et ce n’est pas tous les jours ! Ma mère non, en Normandie. C’est en fait encore le cas de beaucoup d’autres enfants de cette génération pour qui la seule véritable échappatoire en dehors du voyage, hors de prix, et du jeu réside dans la lecture. Le savoir, l’évasion, les émotions : le livre reste l’indétrônable véhicule apportant cette nourriture intellectuelle aux imaginaires de la génération de mes parents. Ma mère me dit souvent qu’étant petite elle rêvait de vivre dans une maison construite non pas de briques mais de livres !



Drôle d’idée pour ma génération qui est celle de la télévision. J’appartiens à la classe de ceux qui ont grandi avec les dessins animés japonais, avec la télécommande dans la main comme gouvernail ne me permettant à l’époque de naviguer qu’entre six pauvres océans télévisuels différents. Puis les chaînes se multiplient, à toute heure du jour ou de la nuit on peut s’affaler sur son canapé devant sa télévision et se brancher sous perfusion audiovisuelle.



C’est un drame. Beaucoup de personnes de ma génération n’ont jamais vraiment pris l’habitude de lire, sauf quand l’école l’imposait de temps en temps. En effet pourquoi se fouler, autant aller au plus simple, c’est-à-dire vers le prêt-à-penser télévisuel. C’est un changement radical dans l’acquisition des connaissances. Quelqu’un qui écrit un livre a structuré sa pensée, a pesé chacun de ses mots, a apporté une myriade d’exemples et d’illustrations, a pris le temps de rentrer dans les détails. Dans un débat à la télévision, ce ne sont que bribes d’argumentations désarticulées, les arguments fusent de part et d’autre mais sans être développés, tout est brouillon, les idées ne font que passer, impriment résolument moins l’intellect que ne le fait la lecture.



Beaucoup de jeunes disent s’ennuyer ! Alors qu’ils n’auront pas assez de leur vie pour lire ne serait-ce qu’un centième de ce que l’Humanité a produit et écrit comme savoir, alors que des bibliothèques existent dans chaque quartier prêtant quasi gratuitement de quoi se forger un conscience de citoyen éveillé !



Pourquoi une grande partie de ma génération préfère-t-elle encore s’ennuyer plutôt que de se réfugier dans la lecture et découvrir tant de nouveaux horizons pourtant à portée de page? Parce lire demande de l’entraînement et une acclimatation précoce, c’est un exercice technique fatiguant, qui fait travailler les yeux et l’imagination, là où la télévision repose et change les idées. Tout est dit. L’éveil intellectuel de beaucoup aura été sacrifié sur l’autel de la télévision. C’est le drame du règne du petit écran sur la société de consommation : passifs, sans moyen de participer à l’élaboration du savoir mais abreuvés de publicités, nous sommes détournés de la nécessité première de nous niveler par le haut et d’aspirer à l’excellence en ce sens que ce consumérisme à outrance permet à chacun de se satisfaire de sa médiocrité. En effet les forces du marché rivalisent d’ingéniosité marketing et commerciale pour m’amener sur un plateau d’argent les nouveaux produits qui me permettront de moins réfléchir encore.



On aurait pu croire que lire ne servirait bientôt plus à rien pour une grande partie d’entre nous, tristes soldats de cette société de consommation. Pour beaucoup, travailler, dépenser et se distraire ne nécessitent finalement que quelques rudiments de lecture!



Mais internet est arrivé.



L’économie de marché et le consumérisme stigmatisés à l’instant portaient en fait en eux les germes du renouveau de l’éveil des consciences. Internet a surgi pour d’une part donner à l’individu une télécommande inédite, la souris, permettant d’aller où l’on veut, et d’autre part pour lui demander son avis et le faire participer. Les jeunes occidentaux passent désormais plus de temps devant l’ordinateur que devant la télévision, détrônée !



Le web 2.0 consacre ce retournement : tout un chacun peut apporter sa pierre à l’édifice de la connaissance (wikipedia) et commenter la production intellectuelle d’autrui. Jamais travail intellectuel n’a été aussi facile et accessible. Jamais les idées inachevées des uns n’ont autant nourri les théories naissantes des autres, un commentaire innocent et sans prétention laissé anonymement sur un blog par un Australien donne une idée d’entreprise à l’autre bout du monde à un Canadien.



A vrai dire il n’y a plus aucune excuse à être ignorant, quand les connaissances de toute l’Humanité sont à portée de clic, toute curiosité est « googlesisable » ! Une véritable intelligence collective est en train de prendre forme : tout se sait, tout circule, tout le temps et partout, plus rien n’est perdu. Le C to C explose, la trottinette d’un habitant de Miami qui moisissait dans le garage fait le bonheur d’un Parisien par écran et ebay interposés. Les intermédiaires sautent un à un. Déjà on peut prêter de l’argent sur le net aux internautes bien notés par la communauté, et on commence à pouvoir lever des fonds pour des projets artistiques en misant sur la sollicitude des internautes convaincus, en attendant de pouvoir le faire pour des projets entrepreneuriaux. Une des étapes fondamentales de la résorption de la fracture économique mondiale viendra alors de l’essor de plateformes mettant en relation micro-entrepreneurs du monde émergents et micro-investisseurs du reste du monde.



Les jeux vidéo depuis leur apparition participent aussi de ce recentrage sur l’individu-acteur : on y est actif et non passif, mais on y « perd » encore trop son temps à jouer dans un cadre contraint, tel le hamster qui se défoule dans sa cage en faisant tourner sa roue dans le vide, là où internet permet de se mettre utilement au service de cette intelligence collective en construction.



L’avenir est dans la convergence des deux : les logiciels d’e-learning nous mettant tous en réseau, à l’image des perspectives qu’offrent ces programmes d’entraînement de la mémoire et d’apprentissage de l’anglais qui fleurissent sur les consoles portables.



Internet replace la lecture et l’écriture, même massacrée, au cœur de la diffusion et de la constitution des savoirs, si bien que dès lors que tout le monde aura accès à internet, il est raisonnable de penser que tout le monde se mettra au moins à lire, et sans doute à écrire.

L’e-learning va bientôt permettre de scolariser des millions d’enfants supplémentaires en Inde avec un minimum de professeurs, ceux-ci exerceront leur métier à distance, pouvant chacun enseigner à plus de monde, tout comme bientôt les médecins tiendront des téléconsultations, rendant la santé accessible de tous. La production en série de petits ordinateurs portables rechargeables manuellement (par manivelle !) captant l’internet sans fil conférera une grande indépendance aux écoliers des pays émergents qui pourront étudier partout avec entrain grâce à des programmes ludiques.



Avec l’évènement demain du livre électronique et de la traduction automatisée, la boucle sera bouclée, n’importe qui pourra se déplacer avec toute la bibliothèque de l’Humanité dans le creux de sa poche. Ce prochain bouleversement consacrera le grand retour de la lecture et de l’écriture et stimulera plus que jamais l’effervescence intellectuelle en mettant le pied à l’étrier à de nombreux écrivains en devenir. Mais précisons toutefois que de nouveaux modèles économiques devront émerger. La reproduction à coût nul des œuvres rendra gratuite l’acquisition des livres, leurs auteurs ne vivront alors que de leurs performances en direct, j’entends par là les conférences. Tout comme les chanteurs, toujours plus nombreux également grâce à internet, ne pourront plus compter que sur les concerts, manne déjà amplement suffisante, pour s’enrichir.



Notons enfin que demain cette généralisation de la lecture, et de son corollaire l’écriture, à toute l’Humanité donnera encore plus de poids au journalisme qui plus que jamais jouera son noble rôle de vigie des sociétés, veillant à ce que les décisions des pouvoirs en place reflètent le mieux possible l’intérêt général, et non pas seulement certains intérêts particuliers. La presse omniprésente sera prompte à dénoncer tous les scandales qui ne manqueront pas d’être découverts du fait de fuites inévitables dans un monde toujours plus réticulaire. Chaque Humain est un témoin, un journaliste en puissance à même de publier sur internet une photo, une vidéo prises sur le vif avec ses objets communicants nomades.

La pression médiatique incontrôlable, insaisissable, s’affranchira plus que jamais des frontières grâce aux satellites. Elle contribuera à faire émerger une réelle opinion publique mondiale et rendra le moindre abus intenable. La démocratie devrait alors triompher, les régimes autoritaires s’effondrant les uns après les autres, par « évidence », du fait de l’évolution des mentalités, au même titre qu’en France lors de la Restauration, il était invraisemblable que l’on revînt à une monarchie de droit divin, les acquis de la Révolution étant devenus trop prégnants dans la société française pour qu’on pût revenir dessus, même manu militari.



Vivement demain !

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste!

Tags: écriture, connaissances, lecture, mondialisation
Publié dans Non classé | Aucun commentaire »

Plaidoyer pour un capitalisme éclairé
Avril 2, 2008 by appeldu18janvier2008
En janvier dernier, alors que je lisais les journaux, quelle ne fut pas ma surprise en tombant sur un article qui correspondait parfaitement à l’idée que je me faisais du chemin que devrait prendre notre mondialisation. J’ai immédiatement souhaité en rencontrer l’auteur avec qui je suis parvenu à prendre contact peu après. Il s’agit de Bernard Esambert, un des premiers à parler de mondialisation, dès 1977, dans son livre Le Troisième conflit mondial. Bernard Esambert a été entre autres le conseiller industriel de Georges Pompidou, le directeur du Crédit Lyonnais, le président de la Compagnie financière Edmond de Rothschild, le président de l’École Polytechnique, le vice-président des groupes Bolloré et Lagardère. Il préside aujourd’hui l’Advisory Board de la banque ARJIL où il a accepté de me recevoir il y a quelques semaines. Pendant une heure des plus intéressantes, nous avons discuté et échangé cordialement nos vues sur la tournure que prenait la mondialisation et sur le rôle que pouvait jouer internet dans l’émergence d’une opinion publique mondiale susceptible de réclamer le changement. Il m’a apporté son soutien et m’a permis de publier sur ce blog son article que je vous propose ici.

Plaidoyer pour un capitalisme éclairé (7 janvier 200

L’espèce humaine ressemble furieusement à un véhicule en pleine accélération, conduit par d’innombrables pilotes vers un avenir incertain.

Tout a commencé dans les années 1960 quand le commerce mondial s’est mis à croître beaucoup plus rapidement que la richesse (le PNB) mondiale. Les progrès à un rythme effréné des moyens de transport des produits et des informations ont accéléré le mouvement.

Aujourd’hui les échanges internationaux représentent plus du tiers du PNB mondial et nous travaillons tous plus d’un jour sur trois pour l’exportation. Les exportations d’usine puis de laboratoires de recherche pour suivre et naturaliser les produits, donc les transferts de capitaux, ont suivi.

Ainsi est née la mondialisation dont on nous rebat les oreilles. La libéralisation des marchés ainsi que la financiarisation de la sphère économique ont fait le reste, et nous vivons désormais dans un monde de marchands produisant massivement du confort matériel, des services et des images. Le contexte est celui d’un combat économique qui a transformé la planète en champ de bataille, sans morale ni spiritualité. Si sur le plan matériel le libéralisme des temps modernes a apporté la satisfaction des besoins vitaux à des centaines de millions d’individus, il a creusé l’écart entre une société de consommation qui déborde de biens matériels pour les uns sans procurer un minimum vital décent pour les autres.

Il s’agit dorénavant d’envisager un libéralisme éclairé prenant en considération la notion de solidarité au sein de l’espèce humaine. Sans oublier la justice, l’un des tout premiers mots inventé par le Sapiens Sapiens. Les États responsables de la préparation de l’avenir sont devenus des Etats du palliatif, dispensateur de protections et de consolations. Partout l’injustice est dénoncée mais elle persiste sous de multiples visages, tel celui, honteux, du chômage.La mondialisation s’est développée beaucoup plus rapidement que ses nécessaires régulations et l’apparition d’un code éthique au niveau mondial.

C’est sur ces deux plans qu’il convient désormais d’agir pour mettre de l’ordre dans notre image du monde et pour que le libéralisme, remarquable facteur de développement, reste un moyen et ne se transforme pas en une religion sans garde-fous.

Du côté du manque de régulation, au-delà de la dispersion des organismes (l’ONU, l’OTAN et les Etats-Unis pour la gendarmerie du monde, la Banque mondiale, le FMI, le G8 pour l’économie, …), tous datant des années 40, à l’O.M.C. près d’ailleurs imaginée dans les accords de Bretton-Woods, deux exemples : les facteurs de compétition intègrent les formes anormales de travail (des enfants,…), des écarts de salaires décourageant même la créativité, des parités monétaires totalement artificielles (le Yuan chinois versus toutes les autres monnaies). Ces facteurs sont surveillés par l’OMC, le BIT et le G8 qui s’ignorent totalement. Quand on sait par exemple qu’une dévaluation de 10% d’une monnaie (G est équivalente à un droit de douane de 10% (OMC), il apparaît à l’évidence que le monde ne pourra faire l’économie d’une organisation confédérale lui permettant de mettre de l’ordre dans ce que j’appelle pour ma part depuis près de quarante ans la guerre économique.

Dans le domaine pharmaceutique, le sort des génériques dont on connaît l’importance pour les populations du tiers-monde touchées par le Sida, dépend de l’OMS et de l’OMC sans grand dialogue entre ces deux organismes.

D’innombrables enceintes se sont cependant créées pour pallier la vacuité d’une véritable gouvernance mondiale : G7, G20, G4,…Des milliers d’organisations émanant de la société civile (dont 2000 ONG) ont vu le jour dont le mérite est de vouloir rendre équitable le processus de mondialisation.

Un conseil de sécurité économique et social a été imaginé dont les pouvoirs s’inspireraient de ceux qu’exerce le conseil de sécurité de l’ONU sur le plan politique. Ce bouillonnement de la société civile débouchant sur d’innombrables forums mondiaux qu’aucune frontière ne peut bloquer montre à l’évidence que le monde devra passer à un degré supérieur d’organisation. Au moment même où les Etats érigent des murets de fortune pour se protéger de la globalisation.

Restera le problème le plus important. La planète a pris la route des choses oubliant celle de l’esprit, mais il ne sert à rien de danser la danse du scalp devant le libéralisme. Il faut simplement le doter d’un code moral qui le rende acceptable (supportable ?) à la majorité. Qui définitivement supprime le travail des enfants, établisse définitivement la parité hommes-femmes, supprime les enrichissements insolents et sans cause, crée une véritable solidarité avec les éclopés de la croissance. Qui recrée un peu de vertu et de grâce dans le système en déclinant l’immense désir de justice et de dignité de l’homme du vingt et unième siècle.

Comment ? Le besoin de spiritualité (dont témoignent hélas les excès des sectes) démontre que les principales religions monothéistes ne peuvent être tenues à l’écart d’un tel processus, y compris le bouddhisme, la sagesse de quelques hindouistes, la religion des droits de l’homme dont les très beaux textes fondateurs figurent dans le statut des Nations Unis et dans notre constitution. Il y a dans ces réservoirs de connaissance et d’éthique de quoi puiser quelques principes.

Rêvons d’un dialogue entre Averroès, Maïmonide, Saint Thomas d’Aquin et Aristote qui réanimerait l’entrelacs des révélations et de la raison. D’un pari de Pascal étendu à l’ensemble de l’irrationnel et du rationnel. La raison et la foi s’adossant, quoi de plus humain pour faire face à nos interrogations.

Une sagesse peut s’en dégager, libre d’ailleurs de toute tutelle religieuse car résultant de la pluralité religieuse surtout si l’on fait également appel à quelques prix Nobel de la paix, responsables d’O.N.G., grands scientifiques et philosophes connus pour leurs qualités humaines (des « entrepreneurs d’humanité »).

Car nous sommes tous des enfants d’Abraham, de la raison, de la sagesse. L’Islam n’est pas forcément la solution, pas davantage que le seul christianisme ou le judaïsme. C’est leur somme qui peut nous rapprocher du ciel ou du sens, sans nous faire perdre le contact avec le sol. A condition que nous abattions nos idoles sources d’égoïsme et d’intolérance pour ajouter à l’important chiffrable l’essentiel qui échappe au chiffre. Il arrive que des idées déchirent la pensée comme des poids trop lourds déchirent les muscles.

Un code éthique élaboré par un tel cénacle consoliderait de jeunes démocraties un peu partout dans le monde, freinerait l’absentéisme du cœur qui accompagne souvent la concurrence sans frein. Plus trivialement, il pourrait conduire de nombreux cadres supérieurs, acteurs du CAC 40 à renoncer à des avantages souvent exorbitants. Ce sont les notions de solidarité, de générosité, d’altruisme qui font de l’homme une espèce supérieure. Il est urgent de modérer la passion de la concurrence avec un peu de cet amour du prochain.

On peut parfaitement n’avoir pour ambition que de prolonger sa vie et ses plaisirs sans l’humiliation de la vieillesse et de la maladie. Mais il n’est pas interdit de rêver au partage d’une authentique condition humaine. Il y a des « biens publics mondiaux » tels que la santé, l’eau, le maintien d’une planète habitable qui nous obligent à lire notre devoir dans le regard de nos enfants. En n’oubliant pas que le bien risque de fabriquer l’enfer. Sauf à emporter le Livre, le violon, et l’écoute dans notre voyage sur terre.

Bernard Esambert

Tags: capitalisme, mondialisation
Publié dans Non classé | Aucun commentaire »

Oui l’immigration est une chance ! À condition que…
mars 31, 2008 by appeldu18janvier2008
Quelques chiffres

Les migrations sont une des composantes de la mondialisation, et comme toute autre composante, celle-ci s’intensifie sous l’effet de l’explosion des échanges : on ne dénombre pas moins de 200 millions de personnes vivant dans des pays autres que ceux où elles sont nées, et l’on ne compte pas les clandestins. Il y a 40 millions d’Américains nés hors des États-Unis ! Pour se donner une idée, au niveau mondial ces migrants étaient de 75 millions en 1965, et 155 millions en 1990. La majorité (60%) des migrants vit dans les pays développés. L’émigration des Mexicains vers les USA est ainsi le mouvement migratoire le plus massif de notre époque.

Une immigration d’une nouvelle forme

On immigre pour trois raisons à égalité : un tiers pour trouver un travail, un tiers pour rejoindre de la famille, et un tiers en tant que réfugié. D’un point de vue pratique, ces raisons se chevauchent : un immigré qui rejoint de la famille se met très souvent à chercher un travail aussitôt arrivé. Alors que pendant des 30 glorieuses on avait surtout fait venir des ruraux analphabètes, aujourd’hui ce sont plutôt des urbains ayant été à l’école. Cela signifie que les migrations d’aujourd’hui sont d’une nature fondamentalement différente, ce qui devrait poser beaucoup moins de problème d’intégration.

Le cas de la France

Prenons le cas de la France : pendant les Trente Glorieuses, la France a fait venir des centaines de milliers de Maghrébins d’origine rurale et majoritairement analphabètes. Ceux-ci ont été logés dans des cités dortoirs qui se sont vite transformées en ghettos enclavés : que pouvait-on espérer qu’il se produise deux générations plus tard ? Qu’une majorité d’entre eux deviennent médecin, avocat, architecte ? La faillite de l’intégration en France qui a conduit aux émeutes que l’on connaît était prévisible, s’en étonner relève soit d’une ignorance coupable soit d’un cynisme déplacé. Aujourd’hui toute la société française en souffre. On entend parfois dire « oui, mais il y en a certains qui réussissent ». Cet argument est des plus fallacieux car quelque catastrophique que soit la situation, il y en a toujours qui s’en sortent. Non la question est de savoir statistiquement combien trouvent un travail par rapport à la moyenne nationale. Et là pas d’erreur possible, le taux de chômage de certains quartiers est quasiment de 50% ! L’intégration à la française est en panne, la discrimination très loin d’avoir disparue.

L’immigration, une chance pour les pays développés…

Les travailleurs immigrés représentent 15% de la main d’œuvre aux États-Unis : ces derniers ont besoin de ces immigrés, si bien que le mur qu’ils veulent achever de bâtir pour se protéger du Mexique est haut, mais pas trop, juste ce qu’il faut pour ne laisser passer que les jeunes hommes valides dans la force de l’âge, ceux dont ils ont justement besoin. Alors pourquoi ce besoin ? Raison atemporelle : les immigrés sont souvent jeunes, dynamiques et déterminés à accepter tous les boulots. Lazare Ponticelli, dernier poilu décédé récemment en était l’exemple probant : arrivé à la gare de Lyon en 1906 quasi pieds nus, il a enchaîné les menus travaux jusqu’à fonder une entreprise aujourd’hui multinationale ! Aujourd’hui les immigrés travaillent dans des secteurs où il est difficile de trouver de la main d’œuvre locale (en France par exemple il y a 500 000 emplois non pourvus dans le BTP), leur vitalité démographique est indispensable au financement des retraites de nos populations vieillissantes. Par ailleurs, ce qu’ils gagnent, ils le dépensent largement, dopant ainsi la consommation qui est le moteur de notre économie, ne l’oublions pas. En définitive ils ne renvoient au pays d’origine en moyenne que de 10 à 15% de leurs revenus. Enfin ils créent des entreprises sur des créneaux vacants (les fameuses épiceries !) ou inexplorés. On se bat même parfois pour leurs talents : un tiers des Nobel de physique américains sur ces sept dernières années sont nés à l’étranger et le tiers des sociétés de la Silicon Valley sont le fait d’Indiens ou de Chinois.

…à condition que…

Pour ne pas répéter les erreurs du passé et profiter au mieux du potentiel de croissance que représente l’immigration, certaines mesures s’imposent !D’abord une politique volontaire du logement, conçue pour favoriser la mixité sociale et ethnique, et briser l’enclavement des cités ghettos. Ensuite, les nouveaux arrivants doivent être scolarisés pour ce qui est des enfants, et les cours de langue devraient être rendus obligatoires pour tout adulte ne maîtrisant pas suffisamment la langue du pays d’accueil. C’est un échec flagrant des politiques menées que de constater qu’après vingt ans passés en France, certaines personnes ne savent toujours pas s’exprimer en français. C’est pourtant le préalable incontournable à une intégration réussie. Enfin des campagnes d’information doivent être menées pour promouvoir la lutte contre la discrimination qui est le cancer de l’intégration : comment un jeune issu de l’immigration peut-il se motiver pour ses études quand son grand frère diplômé ne parvient toujours pas à trouver un emploi après l’envoi infructueux de parfois plus de cent CVs ? Trop souvent un « patronyme exotique », une ville d’origine suspecte ou un teint trop mat constituent des caractéristiques rédhibitoires pour un employeur peu scrupuleux, qui souvent ne fait que se conformer aux souhaits de ses clients partageant eux aussi une part de responsabilité. Les mentalités doivent évoluer et évolueront.

Les quelques mesures exposées ici sont nécessaires, mais ne croyons pas qu’elles reflètent des coûts supplémentaires pour la société, car ces coûts sont en fait des investissements. Oui, des investissements qui permettront au final au pays d’être gagnant, et non pas perdant, grâce à une économie plus forte et des retraites mieux financées. Posons-nous la question : si, en France par exemple, la machine à intégrer fonctionnait correctement, c’est-à-dire si tout homme arrivant en France devenait un citoyen Français qui, quelles que soient sa couleur de peau, sa religion ou son origine, respectait les valeurs du pays (l’égalité homme/femme, la laïcité, les droits de l’homme, les lois) et si il était accepté comme tel en retour, alors pourquoi ne pas même accueillir des millions d’hommes ? Notre économie n’en serait que plus forte, la francophonie que plus rayonnante…la seule limite serait finalement l’espace physique ! Cela est possible à condition donc de réparer cette machine en panne en consentant les investissements nécessaires.

Plus souples sont les procédures à la frontière, moins les immigrants ont vocation à s’installer

Un autre constat s’impose : plus les immigrants peuvent circuler librement, aller et revenir entre pays d’accueil et pays d’origine, moins ils désirent s’établir définitivement. En effet, si l’on a pu voir par le passé que nombre d’entre eux finissaient par s’installer et à faire venir leur famille, c’est parce qu’ils ne voulaient pas rendre le risque de rentrer au pays, pour de courts séjours, de peur de ne plus pouvoir retourner travailler dans le pays hôte : coupés parfois pendant plusieurs décennies de leur pays natal, ces derniers n’en saisissent plus les codes et en viennent à se sentir chez soi dans le pays qui les a accueillis. On en conclut que l’octroi de la double nationalité ou de titres de séjour à entrées multiples sont de bons moyens de faciliter cette circulation conduisant les migrants à ne plus nécessairement se sédentariser.

Quelles conséquences pour les pays d’origine ?

L’exode des cerveaux reste le principal problème mais un rapport de l’ONU en 2006 précise que les migrants qualifiés finissent en fait par occasionner des transferts de connaissances et de technologies : ils acquièrent de l’expérience avant de venir en faire profiter leur pays en créant leur entreprise par exemple. Toutefois dans certains secteurs tel que la médecine, on ressent plus que jamais la nécessité d’institutions internationales à même de fournir les incitations à rester travailler dans leur pays aux médecins et infirmières formés à grand frais en Afrique et qui partent aujourd’hui en masse officier en Europe (il y aurait plus de médecins béninois en France qu’au Bénin !). Une aide judicieuse coordonnée internationalement pourrait ainsi consister à subventionner ceux qui restent sur place.

Autre point, les fonds envoyés par les immigrés constituent un apport indéniable à l’économie des pays d’origine, ils ont atteint 260 milliards de dollars en 2006. Ainsi est-ce là la principale source de revenus pour certains États d’Amérique centrale (25% du PIB du Honduras ; au Mexique, cela représente la deuxième source de devises derrière les pétrodollars), si bien que lorsque les États-Unis éternuent, tous ces pays s’enrhument ! À l’heure où les pays développés prennent conscience de la nécessité du co-développement, il est même cocasse de constater que l’ouverture à l’immigration apporte plus de fonds aux pays pauvres que les aides et les investissements étrangers cumulés !

Cependant il est important d’apporter ici un bémol : ces transferts contribuent finalement peu à la croissance des pays qui les reçoivent car ils sont utilisés dans l’urgence par des familles très pauvres pour subvenir aux besoins primaires (alimentation, santé, voire éducation). Cette manne n’est donc pas redirigée vers des investissements productifs susceptibles d’occasionner un véritable décollage économique qui s’appuierait sur un foisonnement de micro projets entrepreneuriaux. Le problème en est que la manière dont sont transférés les fonds ne s’y prête pas : ils ne passent pas par le système bancaire classique mais par les services très onéreux de quelques sociétés du type Western Union. Il faut donc revoir et faciliter l’envoi d’argent au pays, en lui permettant d’être investi rapidement et efficacement, avec comme objectif sous-jacent de confier aux populations pauvres du pays d’origine la canne à pêche plutôt que le poisson. Internet pourrait d’ailleurs jouer ici un grand rôle pour mettre en relation micro investisseurs et micro entrepreneurs.

Je voudrais achever cet article en mettant en lumière l’égoïsme à peine voilé qui a guidé les pays occidentaux dans la conduite des négociations de l’OMC. Je parle ici de l’Uruguay Round, c’est-à-dire l’avant dernier cycle de négociation de l’OMC qui s’est achevé en 1994 (et pas le Doha Round, démarré en 2001 et qui est aujourd’hui dans l’impasse). Pendant cet Uruguay Round les pays membres de l’OMC se sont réunis et ont négocié une plus grande ouverture réciproque dans le but de parvenir à un compromis gagnant-gagnant. Seulement, les pays riches, ceux dont on aurait pu croire qu’ils avaient une responsabilité morale vis-à-vis des pays pauvres, n’y sont pas allés avec comme objectif d’obtenir des accords équitables ! Non, ils avaient simplement en tête de négocier les accords favorisant le plus leurs intérêts. Ils ont donc mis la pression sur leurs interlocuteurs mal préparés en usant de leur position dominante pour leur imposer de s’ouvrir aux services pour lesquels ils étaient avantagés (services financiers par exemple) tout en refusant de s’ouvrir à ceux où les pays pauvres l’étaient grâce à leur main d’œuvre peu qualifiée très bon marché comme par exemple les services maritimes et portuaires (les dockers, les membres d’équipage) ou le bâtiment. La main d’œuvre bon marché et prête à tout est la principale richesse des pays pauvres, qu’elle s’exprime dans les pays d’origine (dans les usines ou dans les champs), ou dans les pays d’accueil (via l’immigration qui nous intéresse aujourd’hui). Lors de l’Uruguay Round, les pays riches ont ainsi fait en sorte qu’on ne libéralise que les services faisant appel à une main d’œuvre très qualifiée, ce qui de facto pénalisait les pays pauvres. Et dire que pour pallier cet échec, on a baptisé le cycle actuel « cycle du développement » qui n’en a que le nom car il apparaît clairement aujourd’hui que rien n’en sortira, du fait des réticences des pays occidentaux, France en tête, qui s’arcboutent sur leurs subventions. Belle notion du libre-échange !

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

Tags: émigration, immigrant, immigration, immigré, migration, mondialisation, uruguay round
Publié dans Non classé | Aucun commentaire »

Mais pourquoi le pétrole monte-t-il autant ?
mars 23, 2008 by appeldu18janvier2008
Le pétrole ne cesse de monter. Il est actuellement à plus de 100 dollars le baril, cela ne vous parle peut-être pas, mais imaginez juste qu’il était aux alentours de 30 dollars en août 2003! La question est donc immédiate: pourquoi monte-t-il autant? Il faut comprendre que cette hausse est sans rapport aucun avec la demande réelle actuelle, qui ne serait pas suffisamment contentée. Non, cette bulle spéculative est en fait le résultat de trois facteurs:

des lois américaines favorisant la spéculation : en 2003 les États-Unis ont voté une loi qui a rendu opaques les transactions financières en ligne sur les marchés du pétrole (loi dite Enron Loophole). Suite à cette loi, les hedge funds (fonds spéculatifs dont la seule finalité est de gérer au mieux un portefeuille de titres dans une optique de très court-terme) sont venus en masse pour spéculer sur le pétrole : ils réalisaient 0.2% des transactions avant la loi, aujourd’hui leur part est de 35%.
une abondance de liquidités générées par les pays émergents aux forts excédents commerciaux, au premier rang desquels la Chine. Face à une offre médiocre d’actifs où placer leurs devises et un dollar en chute libre, ces agents économiques fuient les actifs américains et se rabattent sur des valeurs qu’ils estiment de plus en plus sûres: les matières premières, pétrole y compris. [1]
une instabilité géopolitique chronique qui perdure depuis l’invasion américaine de l’Iraq. Alors qu’Alan Greenspan (ancien président de la fed, la Banque Centrale américaine) admet que cette guerre avait surtout pour objectif de mettre la main sur le pétrole, il est cocasse de constater que la terrible hausse des prix qui en a découlé dessert en fin de compte les intérêts américains, grands consommateurs de pétrole. Tel est pris qui croyait prendre. D’ailleurs, pendant qu’ils envahissent l’Iraq à la recherche d’armes qui n’existent pas, la Corée du Nord se dote de l’arme nucléaire, tandis que l’Iran et le Vénezuela, entités hostiles à l’administration Bush, s’imposent en puissances régionales incontournables, raffermies par un pétrole cher. Même en prenant en compte l’appétit grandissant de la Chine, aucun expert en 2003 n’aurait pensé à un pétrole dépassant les 100 dollars. La guerre a fait le reste. [2]
Ainsi, entre les producteurs et les consommateurs finaux, le pétrole peut par exemple changer de nombreuses fois de mains du fait de la spéculation : les agents économiques spéculent à la hausse ou à la baisse sur les hydrocarbures matérialisés financièrement par des contrats à terme (le fait d’acheter des « options », c’est-à-dire le droit d’acheter ou de vendre du pétrole à une date future donnée à un prix fixé d’avance), ce qui expliquent un prix aussi élevé, et du reste aberrant compte tenu de la demande actuelle en pétrole qui est tout à fait satisfaite par l’offre (si bien que les pays membres de l’OPEP n’envisagent pas d’augmenter leur production).

Cette spéculation financière nuit à l’économie réelle. Les États-Unis en pâtissent largement, l’Europe moins grâce à un euro fort. Mais les plus touchés dans notre économie de plus en plus mondialisée sont encore une fois les pays pauvres. En effet, ces pays ont besoin de plus de pétrole pour chaque dollar de PIB développé, on dit que leur économie est à forte intensité énergétique [3]. Afin de soutenir leur économie, les pays pauvres et émergents subventionnent donc l’essence, cependant ils sont de moins en moins en mesure de le faire, et ces aides rongent les budgets et empiètent sur les projets d’investissement de long terme en infrastructures et en éducation. Ces choix dans l’allocation de budgets déjà insuffisants ont déjà conduit à des émeutes comme au Cameroun ou au Burkina-Faso, des pays qui on besoin de tout sauf d’instabilité politique. Ainsi l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) rapporte que pour un certain nombre de pays d’Afrique, l’annulation de la dette a déjà été plus que compensée par la hausse des prix du pétrole.

Ces pays subissent de plein fouet les effets d’une spéculation et d’une incertitude géopolitique auxquelles ils sont étrangers. À partir du moment où les actions des uns ont des conséquences sur la vie des autres naît une interdépendance d’où jaillit le besoin irrépressible d’une action collective et démocratique, garante des intérêts de tous. C’est encore cette mondialisation politique qui se fait ici désirer, dans un contexte d’une part d’unilatéralisme militaire désastreux d’un certain Etat et d’autre part de spéculation rendue possible par des règles édictées par ce même Etat dont le leadership économique a fait de sa bourse le principal hôte du marché du pétrole.

Enfin ultime précision, entendons-nous bien, à long terme il est clair que la demande mondiale croissante finira par justifier des prix élevés, très élevés même (si bien qu’ils pourraient rendre prohibitifs les voyages en avion du fait des prix du kérosène), mais pour l’instant l’offre actuelle est suffisante ! Les prix du moment sont donc déconnectés de toute rationalité économique. Nous pouvons juste dire pour conclure cette analyse que s’ils se maintiennent, ils auront au moins le mérite de précipiter le passage à l’après-pétrole en incitant les agents économiques à trouver d’autres sources d’énergie plus accessibles…et moins polluantes !

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

[1] l’indice qui mesure la demande mondiale de navires pour transporter des marchandises (le Baltic Dry Index) s’est effondré depuis l’automne dernier, résultat de la chute du fret maritime, et donc du ralentissement économique mondial, alors que paradoxalement les prix des matières premières ne cessent de flamber : on est bien en présence d’une bulle spéculative !

[2] Joseph E. Stiglitz (prix Nobel d’économie 2001) et Linda Bilmes, dans leur dernier livre « The Three Trillion Dollar War » estiment que la part de la hausse du baril due à la guerre, dans une hypothèse vraiment basse, est de 10 dollars.

[3] Cela s’explique par un secteur industriel plus important que dans les pays développés tertiarisés, par des infrastructures moins efficaces et donc plus gourmandes en énergie ainsi que par une moins grande diversification du bouquet énergétique (la France avec le nucléaire est l’exemple même d’une diversification réussie)

Tags: iraq, mondialisation, pétrole, spéculation
Publié dans Non classé | Aucun commentaire »

“Pourquoi on se bat?”
mars 15, 2008 by appeldu18janvier2008
Les faits
Alors que Lazare Ponticelli, le dernier des poilus, vient de s’éteindre à l’âge de 110 ans, c’est la Première Guerre Mondiale en tant que matrice du XXème siècle qui vient de basculer dans l’Histoire. Lazare Ponticelli était le dernier représentant de la mémoire de ces 8 410 000 hommes qui combattirent sous le drapeau français et qu’il a donc incarnés jusqu’au 12 mars 2008 12h45. Né en décembre 1897 dans les montagnes d’Émilie-Romagne en Italie, qu’il ne tarde pas longtemps à quitter pour la France, ce “pays où l’on mange“, Lazare Ponticelli arrive à la Gare de Lyon seul à l’âge de 9 ans, illettré, dans un pays dont il ne parle pas la langue. Des plus débrouillards, il crée en mars 1913, à 16 ans, sa petite entreprise de ramonage avec un ami italien. Détermination typique de l’immigré résolu à s’en sortir par le travail, lui qui fuyait la faim. Il sera tour à tour livreur de charbon et vendeur de journaux à la criée: “le jour où Jaurès a été assassiné, on les avait tous vendus”disait-il. Dès le lendemain, il s’engage dans la légion étrangère en trichant sur son âge, il n’a que 17 ans: “j’ai voulu défendre la France, parce qu’elle m’avait donné à manger. C’était une manière de dire merci”racontait-il. Il participe courageusement aux combats, n’hésitant pas à sortir des tranchées pour ramener un blessé étendu dans le no man’s land.
Quand l’Italie entre en guerre à son tour contre l’Allemagne, il est démobilisé: “Je ne voulais pas partir de mon bataillon et laisser mes camarades. La Légion avait fait de moi un Français. C’était profondément injuste”expliquait-il.

Mais il est bientôt rappelé pour repartir combattre dans les troupes italiennes contre les Autrichiens. Les combats sont très violents, comme on peut se l’imaginer, mais pourtant, un matin, c’est un soudain silence qui s’abat sur le front, à Pal Picolo. “Cela faisait des semaines que l’on vivait à quelques mètres les uns des autres. Si près qu’on entendait les conversations. Dans ma section, les trois quarts des hommes étaient des Italiens germanophones. L’”ennemi” était souvent le voisin d’en face. Alors est arrivé ce qui devait arriver : on a fraternisé.”En effet poursuivait-il “Nous n’avions aucun compte à régler avec ces pauvres gars et beaucoup de mes camarades du Tyrol italien parlaient l’allemand. Avec des élastiques, nous leur avons envoyé des messages écrits: “pourquoi on se bat?””Pendant plusieurs jours les soldats des deux bords vont ainsi fraterniser allant même jusqu’à entreprendre des patrouilles mixtes.Cette parenthèse est de courte durée, averties, les autorités les envoient sur un front plus dur pour combattre des unités d’élite. Il sera blessé, soigné, renvoyé au combat jusqu’à l’armistice: “Puis, alors que le bataillon se préparait à monter à l’attaque, on a appris la signature de l’armistice. Fallait voir ça ! C’était incroyable ! On s’est embrassés, Italiens et Autrichiens ensemble. Nous étions fous de joie! “.Son héroïsme lui valut une citation mais, surtout, le dégoûta résolument de la guerre: “je tire sur toi mais je ne te connais même pas. Si seulement tu m’avais fait du mal”,”vous tirez sur des pères de famille, c’est complètement idiot la guerre”. Il ne reviendra en france qu’en 1920, ne deviendra Français qu’en 1939, à l’aube de la deuxième guerre mondiale pendant laquelle il rejoindra le maquis, détournera des trains et libérera Paris avec les FFI. Après la guerre, il retournera à son entreprise familiale de chauffage et de tuyauterie qu’il fera prospérer avec ses frères. Ponticelli frères est aujourd’hui une multinationale de 2000 salariés spécialisée dans le pétrole et le nucléaire.

L’analyse

Lazare Ponticelli était le dernier témoin français de cette odieuse guerre, qui décima la jeunesse européenne et qui devait être la dernière, ce qu’elle ne fut pas comme chacun sait. Sa venue en France, lui le petit immigré italien arrivant pieds nus à Gare de Lyon, sa confrontation avec des ennemis étrangers qui ne l’étaient pas tant, et son succès professionnel qui l’a conduit à faire de sa société une petite mais authentique multinationale, tout dans la vie de Lazare Ponticelli concourt à faire de lui le symbole même de la mondialisation, ce processus qui ne cesse de rapprocher les Hommes depuis les débuts de l’aventure humaine : d’abord l’émigration vers un eldorado réel ou supposé, puis le choc des civilisations et des cultures dont la guerre est le visage le plus rude, enfin l’essor d’une multinationale sur des marchés de plus en plus intégrés qui tendent à faire de notre planète un village global, pour reprendre l’expression de Marshall McLuhan.Mais intéressons-nous ici plus particulièrement au Lazare « Poilu »…

Embarqué dans une guerre comme des millions d’autres, Lazare n’avait que le sentiment de remplir son devoir envers cette France qui l’avait nourri, comme il aimait à dire. Mais comme des millions d’Hommes, il prenait part sans s’en rendre compte à ce que l’Humanité a accouché de plus vil, de plus destructeur et de plus absurde: la guerre. Une guerre inutile, un suicide européen qui n’était que le reflet amplifié et sanglant de désaccords diplomatiques opposant en haut-lieu les chancelleries européennes. Une guerre que n’auraient sans nul doute pas voulue les peuples européens si on ne la leur avait pas vendue à grand renfort de propagande officielle diabolisant l’ennemi et exacerbant l’esprit de revanche.

Ces Hommes instrumentalisés, en partant promptement au front, ne faisaient que leur devoir de soldat, leur devoir de patriote. Mais, ce faisant, ils n’étaient que les victimes d’une folie humaine dont l’inanité ne sauterait aux yeux des Européens qu’avec le recul du sang versé et des horreurs endurées, prise de conscience ô combien tragiquement tardive. L’Homme sait tirer des leçons, mais il semble incapable de s’en servir pour anticiper les drames de demain, pour peu qu’ils ne revêtent pas exactement la même forme que les catastrophes d’hier. Certains visionnaires y parviennent, parmi eux Keynes qui dans “Les conséquences économiques de la paix” avait compris que les réparations imposées à l’Allemagne par le traité de Versailles en 1919 étaient une erreur et portaient en elles les germes de crises à venir. Mais comme toujours dans l’euphorie du moment, ces visionnaires ne sont pas écoutés. Aujourd’hui, l’Europe a compris, c’est heureux, et, malgré les ultimes spasmes de Srebrenica (en 1995 en Bosnie…) gageons que plus rien de tel n’arrivera en son sein. Mais au-delà de l’Europe, l’Occident (c’est-à-dire les Américains et nous) a-t-il su tirer la leçon de cette tragédie dont Lazare Ponticelli était le dernier de nos Mohicans ? A-t-il su l’élargir au monde ? Rien n’est moins sûr… En 1914, la propagande officielle faisait des Allemands des “boches”, des étrangers différents, des Germains avec qui vivre ensemble eût été impossible, et aujourd’hui c’est fait. Alors pourquoi tant d’incompréhension aujourd’hui, pourquoi certains chefs d’État s’évertuent-ils à faire régner cette sordide atmosphère de choc des civilisations quand tous les économistes savent que le premier de tous les problèmes, ce ne sont pas nos appartenances culturelles et religieuses respectives, mais la PAUVRETÉ du reste du monde…l’administration Bush s’est consacrée à une guerre contreproductive pour la sécurité mondiale et meurtrière qui plus est (près de 4000 GIs et un million d’Iraquiens [1]), une guerre qui coûtera à l’Amérique au moins 3 000 milliards de dollars (estimation de J. Stiglitz dans son dernier livre) mais n’a versé que 20 milliards de dollars au titre de l’aide publique au développement en 2004 [2] !

Lazare Ponticelli, puisse l’absurdité de la « Der des Ders » dont tu étais l’ultime témoin rester présente à nos esprits ! Espérons que l’humanité saura puiser dans ton histoire qui fut celle de millions d’autres pour que l’ONU ne connaisse pas au niveau mondial le funeste destin qu’eut la SDN au niveau européen. Gardons à l’esprit enfin le message que s’envoyaient par élastique d’une tranchée à l’autre ennemis Autrichiens et Italiens “pourquoi on se bat ?”.


[1] : d’après Opinion Research Business : 1,2 million de morts violentes depuis 2003, certes loin d’être toutes dues aux GIs, mais liées de façon certaine au chaos, à la criminalité et aux violences interconfessionnelles post-invasion. http://www.opinion.co.uk/Newsroom_details.aspx?NewsId=78

[2] : les États-Unis ont le plus grand mal à respecter leurs engagements de Monterrey pris en 2002 et devant les amener à réserver 0.7% de leur PIB à l’aide publique au développement, ils n’en versent que 0.2%, soit 20 milliards de dollars en 2004 !

Venez découvrir…et pourquoi pas signer la pétition l’appel du 18 janvier 2008!

Publié dans Non classé | Aucun commentaire »

Inauguration du blog!
mars 15, 2008



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre commentaire : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus